Détox et jeûne, une démarche pleine de bon sens

J’avais déjà écris un article sur la détox, une cure de jouvence qui permet de ralentir, de détoxifier son corps et son esprit, et de se régénérer. Dans cet article, je vais parler de mon expérience de « jeûne« , qui est en adéquation avec une mode de vie zéro déchet et minimaliste. Il existe plusieurs ouvrages ou articles sur le net qui expliquent ce qu’est le jeûne, et comment le préparer dans de bonnes conditions. ARTE avait aussi diffusé il y a quelque temps un excellent reportage d’une heure sur le sujet « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? » que je conseille vivement, on peut le revoir en VOD. Mon propos ne sera pas de faire une explication détaillée d’un jeûne, mais d’éclairer le sujet avec des connaissances peu connues et aussi de mettre en parallèle cette pratique avec le zéro déchet.

Cela faisait plusieurs années que je voulais tenter l’expérience, et chaque fois il y a eu des petits grains de sables dans ce projet, l’ex-naturopathe qui me suivait m’en a dissuadé, la coach sportive et le médecin généraliste aussi, et une année, je suis tombée malade avant et j’avais aussi un peu peur d’aller jeûner ainsi. De plus, je ne voulais pas vivre mon premier jeûne seule, et je souhaitais être accompagnée. Ce fut difficile pour moi de trouver un lieu, car sur le marché du « jeûne », il n’existe pratiquement que des formules jeûne et randonnée, ou alors jeûne plongé dans une culture new age et ésotérique à souhait (ou alors les deux). Je n’aime pas du tout marcher, encore moins en montagne. Je n’ai pas trouvé de lieu « neutre » sans idéologies. De plus, bien des personnes qui organisent des sessions de jeûne n’ont aucune connaissance précise de ce qui se passe au niveau corporel sur tous les plans, et ils proposent des soins (massages ou autre), alors qu’il ne faut absolument pas toucher une personne qui jeûne, ni pendant ni après le jeûne, ni aucune autres pratiques ésotériques (magnétisme, reiki, réflexologie, massages en tout genres, chamanisme, etc). Le corps est poreux pendant un jeûne et c’est très dangereux.

 

Préparation avant le jeûne

J’ai décidé de commencer 15 jours avant, avec une période de détox en plusieurs phases, pour une descente alimentaire en douceur. Je me prépare aussi intérieurement, avec une baisse des activités sur écran, des lectures adaptées, du calme, du silence, de la méditation, un examen de conscience, et une baisse de mes activités et sorties extérieures.

Semaine 1 :

  • Supprimer la viande rouge, la charcuterie, la viande de porc, le chocolat, le café, l’alcool, le tabac, les desserts sucrés, les produits raffinés (pain blanc, pâtes blanches, riz blanc), les produits et plats industriels, les laitages et fromages à base de lait de vache (chèvre ou brebis, poulet, dinde, canard, poissons ok)
  • Prise de probiotiques le matin (ergyphilus confort par exemple)
  • Prise d’un bouchon le matin d’un draineur comme Ergy Epur des laboratoires Nutergia, qui est un complément alimentaire à base de chardon-marie, artichaut, desmodium, boldo et oligoéléments
  • Continuer les compléments alimentaires naturels comme les vitamines C, D, Magnésium, Chlorophylle
  • Prise d’un bouchon dans un litre d’eau durant toute la journée de la synergie Bio Detox de Maisondor
  • Choisir des eaux faiblement minéralisée comme Mont Roucous (Résidu à sec à 180° : 22 mg/l), ou Mont Calme (Résidu à sec à 180° : 32 mg/l). L’eau de mon robinet est à 130 mg/l (résidu à sec). Je décide de reposer mes reins également
  • Prise de 2 gouttes d’huile essentielle de citron le matin (sur du pain, dans de l’huile, ou sur un comprimé neutre)
  • J’opère également une descente alimentaire dans la journée, avec un repas très léger le soir (potages, crudités)
  • Je m’entraîne à manger le plus lentement possible, en prenant le temps de déguster chaque aliment, avec des pauses entre les bouchées (poser ses couverts et bien sentir la nourriture qui descend en soi)
  • Je mange quand j’ai faim uniquement (c’est un luxe de pouvoir le faire)
    synergie-bio-detox ergy-epur

Semaine 2 :

J-6

  • Supprimer la viande et le poisson (il reste les œufs, le quinoa)
  • Diminuer les épices, le sel progressivement
  • Suppression des aliments qui contiennent du gluten (pains, aliments à base de farines, pâtes)
  • Rajouter au besoin une cuillère à café de psyllium blond, puis augmenter progressivement

J-2

  • Supprimer des autres féculents (riz), légumineuses, quinoa, il reste les légumes, les fruits, les fruits secs et les huiles vierges

Exemple d’un petit déjeuner : avocat, huile vierge colza et lin, jus de citron, graines germées et amandes trempées

 

J-1

  • Préparer une soupe de légumes non moulinées à midi
  • Boire du jus de pruneaux le soir (si vous supportez le goût sucré)
  • Suppression des compléments alimentaires à partir du soir

Durant cette période préparatoire, il est possible de détoxifier l’intestin avec une hydrologie (ou hydrothérapie) du côlon chez un professionnel ou des lavements à la maison. Il est possible de ressentir des effets liés à cette période préparatoire, fatigue, migraine, boutons, nausées… Tant mieux, « ça » sort ! Le fait de vivre en mode zéro déchet aide aussi, tant sur le plan physique (cosmétiques naturels, alimentation) que psychique, intellectuel et spirituel (vivre avec peu, se débarrasser du superflu).

Jeûne

Le jour J, on ne boit que des jus avant d’aller sur le lieu du jeûne. Une fois sur place, on commence par une purge pour vider ce qui reste dans les intestins, avec du chlorumagène dans de l’eau, mais cela n’a pas fonctionné pour moi (ni le jus de pruneaux). J’ai décidé de faire un jeûne Buchinger, avec jus le matin et bouillons de légumes le soir. Comme je n’aime pas le goût sucré, je n’ai pas apprécié les jus le matin à boire à la petite cuillère, mais le bouillon de légumes le soir était délicieux et bienvenu. J’ai également apprécié de boire un jus de citron pressé dans de l’eau chaude de temps en temps.

Le jeûne fatigue énormément, le corps se nettoie et se répare de l’intérieur, et la tension est très basse. On déstocke les toxines, la langue est blanche, et différents maux et douleurs peuvent surgir. En fonction des personnes et du degré d’intoxication, les réactions sont  très variables, il faut y aller l’esprit ouvert sans préjugé de ce qui va se passer, et s’écouter. Envie de faire une sieste ? On va se coucher. Besoin d’aller dehors se promener un peu dans la nature ? On va faire un tour sans se forcer et en se faisant plaisir. Envie de chaud ? La bouillotte est l’accessoire indispensable pendant un jeûne, jour et nuit. Ce qui m’a manqué pendant ce jeûne, ce fut la possibilité de prendre un bain bien chaud. Il est important de se « nourrir » de bonnes choses pendant un jeûne, un bon livre, de la belle musique, un paysage dans la nature.

J’avais décidé de jeûner 5 jours, et comme j’ai eu la grippe avant avec incapacité de manger, j’ai jeûné 10 jours finalement. J’ai constaté que je n’avais aucune dépendance à la nourriture, et que je ne pensais pas à manger, et que ma sensibilité s’est exacerbée pendant le jeûne, je supportais plus du tout le bavardage, les stupidités et incohérences habituelles que j’entends régulièrement, mon niveau de tolérance avoisinait le degré zéro. Le temps fut bien long. Comme l’énergie est basse, je ne pouvais pas faire grand chose, et j’avais du mal à lire.

J’ai eu des réflexions cependant quant à la façon de se soigner dans notre pays (surtout par rapport à l’Allemagne et à la Suisse où des cliniques de jeûne accueillent des patients), où c’est la stratégie du toujours plus, toujours plus de médicaments, de compléments alimentaires, alors que jeûner, c’est se soigner avec moins, avec un bon déstockage de printemps ! Ça ne coûte rien (sauf si on part en centre de jeûne), mis à part du temps et de la volonté, c’est zéro déchet, et ça guérit tout un tas de pathologies.

 

J’ai été heureuse aussi d’avoir ma trousse de toilette zéro déchet, avec mon dentifrice maison en poudre, mes huiles et hydrolats bio de Maisondor, mon savon maison, en effet, cela n’a aucun sens d’utiliser des produits cosmétiques industriels et de se mettre du methylparaben, et autres molécules toxiques, allergisantes et cancérogènes sur le peau, ni pendant un jeûne, ni pendant le reste de l’année !

 

Reprise alimentaire après un jeûne

La meilleure reprise alimentaire est une soupe de légumes chaude et mixée, en effet, il faut beaucoup d’énergie pour digérer du cru, alors autant faire cette reprise en douceur. Manger très lentement cette soupe, en gardant la soupe dans le bouche avant de l’avaler et bien mélanger avec de la salive. Se réjouir du repas ! J’ai constaté que les aliments sucrés (fruits crus, compote de pomme maison) me dégouttaient littéralement, j’avais envie de salé à la reprise et de chaud.

J+1

Soupe de légumes, huile vierge, infusions

J+2

Légumes cuits, crudités, pomme de terre (qu’on aura fait cuire à la vapeur la veille), jaune d’oeuf, son d’avoine, amandes trempées la veille, soupes, graines germées, algues, infusions

J+3

On peut rajouter : tartare d’algues, pain de fleurs, olives, laits végétaux, oeufs coques

J+4

On peut rajouter : céréales, haricots, lentilles, petits pois, poulet, lapin, volailles, pigeon, caille, poisson non gras, pain complet

Puis très progressivement, on rajoute yogourts de chèvre ou brebis, fromages frais non fermentés, condiments naturels (ail, coriandre, persil, origan), pas de fritures ni plat en sauce, pas de restaurant. Interdit pendant au moins 15 jours encore : alcool, tout sucre naturel ou artificiel, tout condiment fort, graisses animales, viande de porc, bœuf, mouton, canard, fruits de mers, poisson gras, café, thé au lait, boissons ou aliments fermentés, boissons ou aliments froids ou glacés.

Personnellement, j’ai repris les probiotiques que j’avais pris pendant la phase de détox, que je complète avec des vitamines et minéraux naturels (surtout pas de synthèse) pour rebooster l’organisme.

Prévoir aussi quelques jours de repos après le jeûne, car on reste un peu mou et la tension met du temps à remonter.

« Ne pas toucher ni embrasser personne pendant plusieurs jours, car les corps énergétiques restent encore très poreux. Les prises de conscience et les gains somato-psychiques se poursuivent encore quinze jours pour peu qu’on évite les perturbations physiques ou psychologiques et qu’on maintienne les règles post-diète » dit le Dr Michel Gabriel Mouret dans son livre « Jeûne et prière », éditions Grégoriennes.

J’ai eu envie aussi de m’offrir un beau bouquet de fleurs pour fêter ce temps de jeûne, la beauté fait partie intégrante à mon avis de cette démarche pleine de bon sens.

Conclusion

Je conseille à tout le monde de faire au moins 5 jours de jeûne par an (sauf contre indications médicales). Prévoir une période d’un mois en tout, avec la préparation avant le jeûne et la reprise après. Pour un premier jeûne, je conseille d’être accompagné, mais soyez vigilant sur le lieu et l’encadrement, et fuyez absolument toutes pratiques newages et ésotériques qui font plus de mal que de bien, renseignez-vous bien sur le contenu, et refusez impérativement d’être touché. C’est un temps bénéfique pour soi, se retrouver, se ressourcer, et de mon point de vue, c’est une prévention idéale contre les maladies, alors, prêt à sauter le pas ?

 

Crédits photo celineportal/vieverte

 

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